Not a number © Alicja Panasiewicz/Adam Panasiewicz

Not a Number
Ethnocentrism – Traces

Commissariat
Vincent Gobber
Exposition du 25 mai au 6 juillet 2024

Résidence de recherche du 22 avril au 24 mai

L’exposition Ethnocentrism – Traces restitue le parcours de recherche du duo artistique Not a Number durant sa résidence en mai 2024 à Saint-Étienne. Lancé en 2023, ce programme de résidence franco-polonais présente des œuvres à la convergence des liens entre l’art et les sciences, axé sur les thèmes de la recherche scientifique et technologique ainsi que des questions environnementales actuelles. Le projet Ethnocentrism s’est poursuivi avec une seconde exposition à l’Icelandic Printmaker’s Association (Reykjavík, Islande) et l’édition d’un catalogue.

Not a Number est fondée en 2015 par Alicja Panasiewicz et Adam Panasiewicz, tous deux diplômés de l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Le duo crée des œuvres à l’intersection de l’art et de la science, caractérisées par l’exploration de formes aussi bien traditionnelles que numériques. Leurs références aux domaines scientifiques englobent des théories actuelles (par exemple une recherche sur les phénomènes de résonnance) comme passées (par exemple des références à l’alchimie). Not a Number ne cesse de questionner les relations entre l’espace et la lumière et récemment, s’attache à les développer à travers le biodesign et la bioluminescence. Une démarche qui place la notion de processus au cœur de l’œuvre, mettant l’accent sur la dématérialisation de l’art par la technologie, ainsi que les collaborations entre artistes et scientifiques.

À la fois réflexion théorique et expérimentation plastique, l’œuvre de Not a Number témoigne d’un intérêt pour les matériaux, tout en ouvrant une réflexion sur l’Histoire. L’exposition est pensée comme un tout et non comme des éléments séparés, comme un carnet de recherche multimédias qui se déplie dans l’espace.

Ces artistes d’origine polonaise nous invitent à découvrir une déconstruction de leur point de vue sur la France – et Saint-Étienne, nous engagent à faire de même, et à adopter un regard nouveau sur la nature de nos idées et de nos opinions.

Dans leur exploration de l’histoire du lieu et de la ville, les artistes choisissent de faire écho aux pratiques artisanales. Le savon noir devient un médium de création, dont l’impermanence représente le passage du temps, la fluidité des modèles culturels et le rôle de l’artiste dans la redéfinition des lieux et des histoires. Par l’utilisation de poussière de charbon les artistes convoquent les souvenirs du passé minier.

Le projet Ethnocentrism est une expérience artistique explorant les relations entre le lieu, la mémoire et l’identité. En faisant référence aux traditions, le projet questionne le rôle de l’art dans le remodelage des récits locaux face aux défis culturels contemporains.

« Les images que nous percevons sont-elles un reflet fidèle du monde qui nous entoure ? Ou sont-elles simplement une représentation visuelle subjective, dans la mesure où elles dépendent de nos codes et de nos constructions sociales ? […]

Voir appelle nécessairement un équilibre entre les données sensibles et les connaissances et attentes de l’individu qui les perçoit […]. Nous sommes tous imprégnés d’une certaine vision du monde induite par notre société […].

Le concept de la vision subjective du monde est clair : les individus n’agissent pas selon ce que le monde est en réalité, mais selon ce qu’ils en perçoivent. Cette vision est utilisée, discutée et développée par des spécialistes dans diverses disciplines : les anthropologues, les historiens, les géographes et enfin, les artistes. Nous avons tendance à croire que nous vivons dans un monde dont nous avons une perception objective. C’est cela que l’on appelle l’ethnocentrisme[1].

Notre démarche artistique se veut ressembler à celle d’un voyageur qui apprend à connaître un pays avec un regard ethnocentré, fondé sur ses propres constructions sociales, pour tendre vers une forme de relativisme culturel. Ainsi, nous pouvons percevoir le monde selon les signes et valeurs inhérentes à chaque culture[2]. »

Not a Number
Alicja Panasiewicz/Adam Panasiewicz


[1] Krysztof Moraczewski, enseignant chercheur en Etudes culturelles à l’Université de Poznań.

[2] Maria Stojkow, enseignante chercheuse au département d’étude sur la société et la technologie à l’Université de sciences et technologies de Cracovie. 


🇬🇧 The exhibition Ethnocentrism – Traces follows Not a Number’s residency in May 2024 in Saint-Étienne. Launched in 2023, this Franco-Polish residency program showcases artworks at the convergence of art and science, focusing on themes of scientific and technological research as well as current environmental issues. The Ethnocentrism project continued with a second exhibition at the Icelandic Printmaker's Association (Reykjavík, Iceland) and the publication of a catalog.

Not a Number is founded in 2015 by Alicja Panasiewicz and Adam Panasiewicz, both graduates from the Academy of Fine Arts in Cracow in the 1990s. The duo creates works at the intersection of art and science, characterized by the exploration of both traditional and digital forms. Their references to scientific domains encompass both current and past theories. Not a Number continually questions the relationships between space and light and recently focuses on developing them through biodesign and bioluminescence. A process-oriented approach lies at the heart of their work, emphasizing the dematerialization of art through technology, as well as collaborations between artists and scientists.

Both theorical research and artistic experiment, Not a Number’s work shows interest in materials, while opening onto Historical considerations. The exhibition is meant as a whole, and not as separate items, like a multimedia notebook unfolding in space.

The polish artists invite us to discover how they questioned their opinion about France – and Saint- Étienne, encouraging us to do alike, and to reconsider our ideas and opinions.

Exploring the history of the place and the city, the artists choose to echo artisanal practices. Black soap becomes a medium of creation, whose impermanence represents the passage of time, the fluidity of cultural models and the role of the artist in redefining places and histories. Using coal dust, the artists bring back memories of the mining past.

The Ethnocentrism project is an artistic experiment exploring the relationship between place, memory and identity. Referring to traditions, the project questions the role of art in reshaping local narratives in an era of cultural challenges.

“Are the images we perceive a faithful reflection of the phenomena of the world? Or are they merely a specific visual representation of it? Specific because it uses the visual codes constructed by us and socially established? […]

Seeing itself is always a negotiation of meaning between the sensory data perceived by the perceiver and the perceiver’s knowledge and expectations […]. We live within certain particular images of the world that our community has equipped us with and that we share with it. […]

The origin of the concept of worldview is clear: it is an ordering of the simple discovery that people do not act according to what the world is like but according to what they know about it. The worldview has been developed by specialists in various disciplines: anthropologists, historians, geographers and, finally, artists. We all tend to believe that we simply live in the world and have the right picture of it. This attitude is called ethnocentrism (Krzysztof Moraczewski). […]

In our artistic activities, we want to refer to the attitude of a traveler who gets to know a new country with an ethnocentric eye, based on the perceptions formed in their own cultural circle, to move to an attitude of cultural relativism, i.e. to perceive the world in terms of the meanings and values inherent in a given culture (Maria Stojkow).”

Not a Number
Alicja Panasiewicz/Adam Panasiewicz

Document à télécharger :
Communiqué de presse (pdf)

Catalogue Ethnocentrism (pdf)
Lien : 
alicjapanasiewicz.net/nan
L’exposition bénéficie du soutien de :
la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes
la Région Auvergne-Rhône-Alpes
la Ville de Saint-Étienne / Saint-Étienne Métropole